L'Association. Nos Parrains.

L'Association Mozart en Loire-Layon, parmi diverses activités, organise le Festival d'été pour cette 3ème Édition annuelle consécutive.

Elle a son siège social au Château de La Fresnaye à Saint Aubin de Luigné.

 

Une poignée d'adhérents bénévoles assurent, sous la présidence de Daniel Brenner, la préparation et la réalisation du Festival, assurant, sans soutien logistique professionnel, à la concrétisation d'un projet original et complexe, imergeant la musique de quatuor à cordes dans son environnement territorial et patrimonial.

De plus, l'Association se fait un devoir d'assurer la transmission de l'Art vivant aux enfants et aux personnes âgées qui n'ont pas encore ou plus l'occasion de se déplacer au concert.

 

ÉLÉMENTS ATOBIOGRAPHIQUES

 

par     ISABELLE FRAISSE

 

 

"Depuis mon enfance, la musique n’a jamais cessé de bouillonner en moi malgré des périodes difficiles où elle n’a pas pu réellement s’exprimer, car les circonstances entourant ma jeunesse ne m’ont pas permis de suivre un cursus musical approfondi. Cependant, dans cette enfance, deux états d’âme ont profondément contribué à déterminer mon avenir de compositrice.

Le premier est l’enchantement que me procurait la musique religieuse, notamment celle de Bach, jouée à l’orgue par Gaston Litaize à la messe du dimanche de ma paroisse. Alors que ni les mots ni les rituels ne faisaient résonner en moi un quelconque  sentiment de religiosité, la musique avait le pouvoir de me transporter dans un monde de spiritualité. Avec Bach, j’ai eu accès au sentiment de l’extrême  gravité de la condition humaine aussi bien qu’à celui de la joie du dépassement. Plus tard, j’ai rencontré exactement la même chose chez Beethoven qui est devenu, avec ses derniers quatuors à cordes, le musicien le plus important pour moi.

Le second est la très grande angoisse que j’éprouvais à ne pas comprendre comment pouvait s’écrire la musique, comment on pouvait composer des œuvres aussi bouleversantes que celles que j’entendais. Cela a été le plus grand mystère de ma jeunesse, lié à un sentiment d’impuissance, car je ne trouvais personne dans mon entourage capable de s’intéresser ni de répondre à ce questionnement.

Au début de ma vie d’adulte, comme je devais gagner ma vie, je pensais que mon désir d’accéder véritablement – c’est-à-dire en tant que créatrice – à ce domaine mystérieux de la musique ne se réaliserait jamais. Je continuais cependant à jouer en amateur du piano et du hautbois mais dans une sorte d’errance entre différents types de musique (classique, contemporaine, jazz, extra-européenne). C’est alors que j’ai rencontré Michel Philippot par l’intermédiaire d’un ami qui apprenait l’écriture avec lui. Cela a déclenché chez moi une irrésistible envie d’entrer enfin dans ce monde, c’était comme un volcan endormi qui se réveillait. L’enseignement de l’harmonie et du contrepoint que je reçus ainsi venait tout droit de celui de Schönberg et, loin d’un travail scolaire, cet apprentissage me permettait déjà d’entrer dans le monde de la composition. Après avoir suivi cet enseignement, j’ai abordé véritablement la composition par le biais de l’analyse de toutes sortes d’œuvres, aussi bien classiques que contemporaines, avec un travail personnel et solitaire – malgré des séminaires de composition comme ceux du « Centre Acanthe », ou de « Darmstadt » etc. –, sans  « Maître » vivant : mes vrais maîtres étaient les œuvres. Seule, j’ai peut-être progressé moins vite, mais j’ai préservé sans doute une singularité, faisant mienne sans le savoir à cette époque, cette belle maxime de Jean Barraqué : « les œuvres nous créent créateurs ». Ce lien entre les œuvres existantes et celles que j’écris a toujours été essentiel pour moi : j’en tire des arguments pour structurer mon  matériau de base, j’intègre parfois des citations que je réélabore et j’y puise aussi des références symboliques. Ce sont comme ces « bribes volées de-ci de-là » dont parle Beethoven à propos de son 14e Quatuor ; elles sont pour moi de puissantes sources d’inspiration. 

Composer est pour moi la chose la plus sérieuse de la vie. J’y consacre beaucoup de temps car je travaille plutôt lentement, en me donnant de nombreuses contraintes. Il me semble en effet que la lenteur me permet d’entrer plus profondément dans ce monde particulier qu’est la musique, la lenteur me permet de ciseler et de soigner particulièrement mes partitions. 

Une autre très grande rencontre pour moi a été celle du Quatuor Ysaÿe, musiciens exceptionnels capables de sentir et d’interpréter les moindres subtilités d’une partition. Leur grande intimité avec les quatuors de Beethoven, et notamment avec les derniers, leur procure, tant pour la sonorité que pour l’intelligence du texte, une plus grande aptitude à jouer mes œuvres que des musiciens rompus à la musique contemporaine. Je m’estime donc très privilégiée d’avoir travaillé avec eux. 

À l’image de mon 3e Quatuor, ma musique oscille souvent entre gravité et joie, retrouvant ainsi ce qui dans mon enfance me transportait. La gravité prenant sa source dans la musique religieuse d’un Bach ou dans les mouvements lents empreints de spiritualité de Beethoven et la joie chez ces mêmes compositeurs dans les moments intenses où se libère leur force de vie.

Ne faisant pas véritablement partie du sérail de la musique contemporaine pour ne pas avoir suivi le cursus « normal », j’ai décidé de « compter sur mes propres forces » et d’éditer moi-même mes partitions. "     Isabelle Fraisse

NB: Deux autres Quatuors ont suivi: le Quatrième (2010) et le Cinquième (2019), avec deux voix, crée au festival Mozart en Loire-Layon.

 

Service 3

 

Après avoir soutenu une thèse d’État, Beethoven et la modernité (Paris, 1993), pour laquelle il a obtenu les félicitations du jury à l’unanimité, Bernard Fournier a enseigné dans le département de musicologie de l’université Paris VIII où il était chargé de la préparation à l’agrégation de musique (histoire de la musique).Il a toujours pratiqué une musicologie humaniste nourrie par ses multiples centres d’intérêt. Ingénieur de formation (École centrale de Lille), violoniste amateur, Bernard Fournier, a été pendant quarante ans premier violon de quatuors semi-professionnels (Quatuor Serioso depuis 1986, Quatuor Antonia depuis 1990) donnant jusqu’à dix concerts par an. Son amour de la littérature l’a conduit à soutenir une thèse sur Stendhal, Sémiologie des personnages de Lucien Leuwen (Paris 1976)

Bernard Fournier est fréquemment sollicité pour rédiger des notices de concert (ProQuartet, Abbaye de l’Épau, Musée d’Orsay, Philharmonie de Luxembourg, Quatre archets pour Dijon, Musicades de Lyon, etc.) et des articles sur le quatuor à cordes, comme ce fut le cas à l’occasion de certaines biennales de quatuor à cordes de la Cité de la Musique. Parmi ses articles récents les plus importants, il a publié en 2011 un article « Le Quatuor, figure emblématique de la musique occidentale » dans la revue L’éducation musicale en relation avec un sujet de l’agrégation de musique et en 2013 « Quelques clefs pour comprendre et goûter l’art du quatuor » dans le « beau livre » Voces intimae, le quatuor au rendez-vous des arts et des lettres, édité par l’association belge Proquartetto. (Cf. Liste des publications).

Membre fondateur de l’Association Beethoven France, il rédige régulièrement des articles pour la revue de l’association. Il poursuit notamment la rédaction d’une série d’études de la Missa Solemnis, regroupées sous le titre La Missa Solemnis, Chef d’œuvre mal entendu. (Cf. Liste des articles de la revue de l’ABF).

Il est régulièrement invité à prononcer des conférences dans le cadre de manifestations où le quatuor à cordes occupe une place importante (Cf. Liste des conférences).

Il a également participé à des émissions de télévision (Antenne 2, Télévision de Suisse romande, Direct 8) et à de nombreuses émissions de radio autour du quatuor à cordes sur France-Musique et France Culture ou à la Radio-Suisse-Romande et à la RTBF.

Bernard Fournier travaille régulièrement en collaboration avec le Quatuor Ysaÿe pour lequel il a rédigé pendant plusieurs saisons des textes de programme. En 2004 et 2005, il a participé aux différentes intégrales chronologiques des quatuors de Beethoven que le grand quatuor français a données à Tours, Nîmes et Saint-Émilion et pour lesquelles il assuré les présentations de chaque concert en les illustrant d’exemples musicaux joués par le quatuor. Il a rédigé la plupart des textes des livrets d’accompagnement des disques enregistrés par le Quatuor Ysaÿe (Ysaÿe Records) . Il collabore également avec d’autres labels comme Nascor, Mirare ou Naïve et écrit des textes pour les quatuors Ébène, Hermès, Modigliani, Psophos, Terpsycordes et Voce .

Depuis janvier 2011, il participe sous forme d’entretiens filmés à Parade, lettre électronique des éditions Universal, où il est question de « quatuors d’aujourd’hui » (Cf. Liste des vidéos Universal). 
En 2014, il a publié chez Fayard le Panorama du quatuor à cordes qui propose une synthèse des quatre ouvrages précédents sur le quatuor, destinée à faire découvrir ce genre à un large public.